Actualité en ligne et réseaux sociaux : Le grand déclin ?

L’Actualité en ligne via les RS semble être en perte de vitesse depuis quelques temps. Alors qu’ils avaient pris une  place croissante dans l’accès à l’information et supplanter les médias traditionnels, désormais les habitudes de consommation des internautes ont changé.  Faxe news, overdose d’infos….. Où en sommes-nous ?

C’est à la suite d’une étude sur les tendances 2018 des actualités digitales, que le très sérieux institut The Reuters a dégagé ces premières constatations. Plus de 74 000 personnes réparties dans 37 pays différents ont répondu à cette enquête, concernant leurs habitudes de consommation de l’actualité en ligne. Verdict…

La consommation d’actualité via Facebook est en baisse

On pense que le changement d’algorithme de Facebook a résolument eu un effet sur la lecture d’actualités sur la plateforme. C’est en tout cas ce que note le Reuters Institute. Une baisse générale de la consultation des informations a été enregistrée. L’usage est en baisse de six points aux États-Unis et elle est également en baisse au Royaume-Uni ainsi qu’en France. Bref la tendance qui consistait à passer par l’utilisation des médias sociaux pour consulter les informations a bien commencé à chuter après des années de forte croissance.

A contrario, les chiffres montrent qu’elle a été détrônée par le partage d’information via les applications de messageries, qui ont enregistré une nette croissance. Post enquête, il semblerait que les utilisateurs recherchent un espace moins « public et conflictuel » que les réseaux sociaux pour communiquer. On comprend pourquoi…

Épuisement général face aux débats toxiques et aux fake news

Nous en parlions à l’instant… Désormais certaines de ces plateformes sont devenues de véritables déversoirs de haine et de méchanceté. C’est l’autre explication qui pousserait les internautes à stopper la consommation d’actualité en ligne.  Pour L’institut : « Les consommateurs sont rebutés par les débats toxiques et les informations peu fiables. Ils constatent également que les réseaux alternatifs offrent plus de commodité, avec une plus grande confidentialité et moins de risques d’être mal compris. »

Il apparaît aussi évident que le spectre de la fake news suscite des craintes et un nouveau scepticisme face à la lecture d’informations. En France, seulement 35% des interrogés font confiance aux informations diffusées en général, ce chiffre chute d’ailleurs à 19% sur les médias sociaux.

Dans l’hexagone, la principale source d’information reste la télévision (71%), qui observe toutefois une baisse depuis 2013. Plus globalement on constate que l’information en ligne reste tout de même stable à 68%. Le papier malheureusement  continue sa chute vertigineuse à 20%.

En somme, on constate donc que les médias sociaux ont observé une légère baisse depuis 2017. Une chute qui s’est produite peu de temps après leur  grande ascension… La fin d’un apogée ?

Le contenu payant se maintient et progresse même dans certains pays !

Ce n’est plus un secret – partout dans le monde- les médias redoublent d’efforts pour gagner leur indépendance face aux revenus publicitaires en ligne. La solution ? Persuader les utilisateurs de payer directement les informations en ligne par le biais d’abonnements, d’adhésions, de dons ou de paiements par article.

L’institut Reuters explique à ce sujet : « Nos données suggèrent que ces efforts sont payants dans certains pays, mais pas encore dans d’autres. La Norvège (+4) et la Suède (+6), ainsi que la Finlande (+4), ont nettement progressé. Tous ces pays ont un petit nombre d’éditeurs qui poursuivent une variété de stratégies de paiement. Ils ont l’avantage supplémentaire de venir de sociétés riches qui apprécient les informations, qui ont une forte tradition d’abonnement et où la langue et la petite taille de leur marché les protègent de la concurrence étrangère. »

Chez nous, le réflexe de l’abonnement n’est pas encore totalement acquis. Selon l’enquête seulement 11% des interrogés prennent des abonnements  pour des articles en ligne. Toutefois, le modèle économique semble porter ses fruits pour ceux qui tentent l’aventure. Par exemple, Le Monde a réalisé son premier bénéfice depuis de nombreuses années avec une augmentation de 44% des abonnements numériques, qui ont pour la première fois dépassé les abonnements papier.

Publié le : 13 juillet 2018

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